Mahmoud Darwich, considéré comme l’un des des
plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est
décédé samedi aux Etats-Unis dans un hôpital où il avait subi une intervention
chirurgicale.
"M. Darwich est décédé à 13H35 locales
(18H35 GMT)", a indiqué sans autre précision à l’AFP Ann Brimberry,
porte-parole du Memorial Hermann-Texas Medical Center à Houston où il était
traité.
Mahmoud Darwich se trouvait dans un état
critique à la suite d’une intervention chirurgicale, avait dit plus tôt un
autre responsable de cet établissement.
Selon des proches du célèbre poète palestinien,
ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi dans ce même
hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire suite à des complications.
Le poète avait déjà subi deux opérations du
coeur en 1984 et 1998. Après sa seconde opération, il avait écrit un poème intitulé : "Mort,
je t’ai vaincue".
Considéré comme
l’un des principaux poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en
1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et
aujourd’hui dans l’Etat d’Israël.
Lors de la
guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants sont forcés
à l’exil.
La famille
Darwich s’enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement
en Israël où elle s’installe dans la localité de Deir Al-Assada, avec un statut
précaire.
Après ses
études (en arabe et hébreu) dans des école arabes israéliennes, Darwich
s’installe à Haïfa, le grand port du nord d’Israël, où vit une importante
communauté arabe.
Début des années 1970, il choisit l’exil. Il
part pour Moscou étudier l’économie politique puis se rend au Caire en 1971.
A Beyrouth, en 1973, il travaille comme
rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l’Organisation de
libération de la Palestine (OLP) rejoignant l’organisation alors en guerre avec
Israël.
Après la guerre
israélienne au Liban durant l’été 1982, qui a forcé la direction de l’OLP à
trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l’exil : Le Caire, Tunis
puis Paris.
En 1993, il
démissionne de l’OLP pour protester contre les accords d’Oslo, estimant qu’ils
n’apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens.
Le poète se
rend en 1995 dans la bande de Gaza après l’avènement de l’Autorité palestinienne,
avant de s’installer à Ramallah, en Cisjordanie.
En mai 1996, il
est autorisé à fouler le sol d’Israël pour la première fois depuis son exil
afin d’assister aux funérailles de l’écrivain arabe Emile Habibi.
Le poète
critiquait la "mentalité israélienne de ghetto" et la politique israélienne
qui empêche la création d’un Etat palestinien viable.
Au festival des
musiques du monde à Arles (sud-est) en juillet dernier, il confiait préférer
les thèmes universels de l’amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de
ses débuts et vouloir être lu "comme un poète", "pas comme une
cause".
( Samedi, 09
août 2008 )
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